Vent fou. Interview de Frédérique Trigodet

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est vent-fou-couverture-v2_2-2-300x436-1.jpg

Elle pétille de mille projets littéraires, voilà qui intrigue. J’ai demandé à Frédérique Trigodet de nous en dire un peu plus…

Françoise Guérin :

Bonjour Frédérique et merci d’avoir accepté de nous présenter votre recueil de nouvelles qui a pour titre « Vent fou ». Il est paru en mars 2021 aux Éditions Zonaires. Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a conduite à l’écriture ?

Frédérique Trigodet : Les histoires que nous racontait ma mère le soir avant de dormir (elle en inventait la plupart !), les films que j’ai vus avec mon père, les livres que j’ai lus, avalés, réinventés dans ma tête et les heures passées à jouer dans la nature avec mes sœurs.

FG : Pourquoi la nouvelle ?

FT : La nouvelle s’est imposée à moi pour deux raisons. Tout d’abord, écrire des nouvelles permet de raconter des histoires de façon brève et efficace, ce qui colle bien avec le style « noir/policier » qui reste mon genre de prédilection. Ensuite, cela me permet d’exploiter le flot d’idées que je peux avoir parfois. J’écris beaucoup, j’essaie quasiment toutes mes idées, mais je ne garde pas tout. D’ailleurs, j’ai un fichier poubelle dans lequel je conserve les trucs « mauvais ». Parfois, je les retravaille des années après… Je dois dire que j’ai aussi beaucoup participé à des jeux d’écriture sur des forums et fait des concours de nouvelles ou des appels à textes de revue entre 2005 et 2018. L’exercice me plaisait et me motivait. Cela m’a permis de rencontrer des gens et ensuite, de créer ma propre revue (Pr’Ose!) que j’ai publiée pendant sept ans, tout en animant des ateliers d’écriture.

FG : Quelles sont vos influences ?

FT : Tout ce que je lis : des classiques de mon enfance aux revues de nouvelles, de la presse quotidienne au best-seller du moment… Ma préférence va aux écrivains anglo-saxons et aux nordiques, mais j’aime lire des choses différentes, découvrir de nouveaux univers. Pendant que j’écrivais « Vent fou » par exemple, j’ai souvent pensé au livre de Béatrice Hammer, « Ce que je sais d’elle », paru chez Arléa et qui vient d’être réédité aux éditions d’Avallon. La structure de cette histoire m’avait beaucoup marquée au moment où je l’avais lue. Je lis aussi énormément de littérature jeunesse. Le cinéma et les séries m’influencent sans doute, même si je suis moins consommatrice aujourd’hui. Enfin, et c’est important, je passe du temps à observer, que ce soit en pleine nature ou à la terrasse de mon bistrot préféré (quand ce n’est pas interdit !). Lire et regarder le monde sont deux choses indispensables quand on écrit.

FG : Qu’est-ce qui déclenche votre écriture aujourd’hui ?

FT : Un mot, une anecdote qu’on me raconte, le quotidien en général et tout ce qui se cache derrière. Je travaille avec des enfants en périscolaire maternelle et une seule phrase nous fait inventer des histoires. Comme ils ne maîtrisent pas encore bien le langage, leurs mots « inventés » à partir des nôtres deviennent vite prétexte à raconter, comme le mot « fabricoler » que j’ai d’ailleurs utilisé dans « Vent fou ».

FG : Comment est né ce nouveau recueil ?

FT : D’un texte que j’avais écrit pour un jeu d’écriture sur le forum A vos plumes. Il plaisait beaucoup aux gens, mais ne trouvait sa place dans aucun recueil. J’ai pris le prétexte du sac à main dans lequel fouille la femme de la nouvelle, un bazar plein de petits objets hétéroclites, pour créer Agnès et raconter ce personnage à travers seize nouvelles.

FG : Pourriez-vous nous parler de son titre ? De sa thématique ?

FT : « Vent fou », c’est à la fois le vent qui souffle dans la première nouvelle en emmêlant les cheveux, mais aussi Agnès, ce personnage qui n’aime pas s’embarrasser des codes réducteurs qui pourraient l’empêcher d’être elle-même. Je dis d’elle qu’elle est « attachiante », (encore) un mot inventé mais qui lui va très bien ! « Vent fou », c’est le souffle que j’ai voulu insuffler à ce court recueil, à travers ses pages et son héroïne.

FG : Quelle nouvelle vous semble emblématique de ce recueil et pourquoi ?

FT : D’après les retours de lectures que j’ai eus, je dirais que « Caillou » et « Pas pour une fille » sont les deux nouvelles les plus emblématiques. La première par son sujet, traité à travers une manie de l’héroïne qui ramasse des cailloux partout où elle passe (la petite part que l’auteur a mis dans son livre !). La seconde, parce qu’elle résume finalement tout le reste des nouvelles du livre.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est frederique-trigodet-2-300x439-1.jpg

FG : Des projets en écriture ?

FT : Plein, plein, plein ! Malgré le contexte actuel, la période est plutôt enthousiasmante pour moi, si on met de côté le covid qui m’a bien fatiguée en novembre dernier… Je travaille actuellement sur un recueil de nouvelles autour de la thématique des cafés et des bistrots. Une de mes nouvelles va paraître prochainement dans Lettres de Lémurie n°4, une superbe revue éditée par les éditions Dodo vole. Et j’ai toujours une nouvelle sentimentale en cours car j’écris régulièrement pour le magazine Nous deux. Côté littérature jeunesse, j’ai fait partie à l’automne 2020 des auteurs retenus dans le cadre d’Emergences, une initiative menée par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, qui permet d’aider des auteurs émergents. J’ai actuellement plusieurs projets en attente de réponse chez des éditeurs et deux romans, ainsi qu’un album, en cours d’écriture. Enfin, mon premier livre jeunesse « Motus et bouche cousue » paraîtra en septembre aux éditions Le Crayon à roulettes. C’est un roman premières lectures.

FG : Que de projets, en effet ! À présent, pourriez-vous nous faire « entendre » la mélodie de votre écriture ?

            Camille est née en prenant son temps, après des mois de ballonnements, de douleurs dorsales, de crises de coliques et d’urticaire, de conseils contradictoires et de Oh, ça va, on est toutes passées par là ! J’ai trouvé miraculeux d’être parvenue à pondre un être aussi adorable.

            Thomas est venu s’installer avec nous. Notre relation s’est muée en une sorte de colocation entre potes, parfois amants, qui nous convient.

            La situation plaît beaucoup moins à ma famille, qui a fantasmé un temps que j’épouse le père de Camille pour enfin me ranger. Je crois que se ranger reste l’une des pires expressions que j’ai jamais entendue à propos d’amour. On finit par caser tout le monde dans un placard, chacun son étagère et voilà.

            Tandis que je trie les vêtements de ma fille dans la buanderie, en virant les robes roses à froufrous et les tee-shirt Je suis une princesse offerts par mes parents, je ne peux m’empêcher de faire le bilan de toutes ces années.

            Une fois de plus.

Extrait de « Une vie en épingles » tiré du recueil « Vent fou »

Merci Frédérique.

Le livre Vent fou est disponible en librairie et sur le site des éditions Zonaires. On peut aussi visiter votre page d’auteur !

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est vent-fou-couverture-v2_2-2-300x436-1-1.jpg

Une réflexion sur “Vent fou. Interview de Frédérique Trigodet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s